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Grandir


Il y a un an et demi j'avais écrit un article sur mes 20 ans, sur le temps qui passe, le sentiment d'être spectatrice. Aujourd'hui je voulais parler de grandir en général. J'ai lu l'article de ellesenparlent : Grandir n'est pas un piège et je me suis retrouvée dans ses propos. Même si plus jeune qu'elle, je voulais partager mon avis. 

Petite j'étais plus du genre têtue (bon peut-être un peu toujours aujourd'hui), j'avais des idées sur pas mal de chose et j'avais envie de faire les choses à ma manière. Lorsque des décisions m'étaient imposées ça me rendait folle car j'avais l'impression de pas être en contrôle de ma vie, qu'on ne m'écoutait pas. Plus jeune c'était le collège, le lycée, toujours sous surveillance. C'était aussi difficile d'être écouter, prise sérieusement, trop jeune pour savoir ou avoir un avis. Comme le fait remarquer Dumbledore dans le prisonnier d'askaban entre des adolescents et un adulte, c'est l'adulte qui va être crû.  Enfant il fallait toujours demander l'autorisation. Enfin pour résumer l'enfance pour moi c'était plutôt frustrant. 

Et puis il a y eu la fac, la libération et la délivrance : l'émancipation. Les profs nous considère comme des adultes, ils nous le disent : ils ne vont pas nous suivre, nous fliquer parce qu'on est adulte, si on est là c'est par ce qu'on le veut. L'idée d'être capable de prendre ses propres décisions arrive, enfin ! Une réelle bouffé d'air frais. Je réalise que le monde est grand, que le monde s'est ouvert à moi, que les possibilités sont multiples. Je ne suis plus sur un chemin, mais je suis à un croisement où les directions proposés sont infinies. De quoi avoir la tête qui tourne. Il ne me reste plus qu'à me l'autoriser. La plus grande censure ne vient-elle pas de nous-même ? 

Je ne me voyais plus adolescente mais pas non plus adulte, un mot pour "les grandes personnes". Je me voyais jeune, comme si jeune et adulte ne pouvait pas être ensemble. Comme si je n'étais pas assez légitime pour être adulte. Ah la question de la légitimité ... En ne me disant pas que j'étais une adulte, je ne m'autorisais pas à suivre mes réelles envies. Pour moi un adulte restait une personne avec un chez-lui, un travail, avec le coté grosses responsabilités et être responsable. Et puis cette année j'ai eu vingt-et-un ans, j'ai déménagé, je suis partie vivre ailleurs. Et j'ai pris mes propres décisions. J'ai aussi réalisé que ça commençait à faire un petit moment que je prenais mes propres décisions et que j'étais mon propre capitaine. Je grandissais, je commençais à faire partie de ce cercle fermé appelé : les adultes. Grandir c'est devenir le capitaine du navire




Adulte qu'est ce que c'est ? Techniquement c'est le fait d'être responsable de soi-même, de prendre ses propres décisions. Il y a aussi l'idée qu'un adulte va prendre des décisions rationnelles à l'opposée d'un enfant/adolescent qui va suivre ses envies et donc plus ses émotions. Je ne suis pas totalement d'accord avec cette idée, je pense que lorsqu'on grandit sur le chemin de la vie adulte, il peut être facile de se laisser happer par le besoin de sécurité et d'oublier nos émotions et ce que nous voulons vraiment faire. Je ne pense pas que suivre ses désirs soit réflecteur d'un comportement enfantin, tant que cela ne met pas en danger la personne. Il y a ce passage d'un de mes livres préférés, qui es-tu Alaska ? De John Green. Lorsque j'ai lu le livre, vers 14 ans, ces paroles m'avaient marquée. Je m'étais dit que lorsque je grandirai, je ne voudrai pas oublier ça. 


 "Lorsque les adultes disent avec un sourire imbécile et sournois : « les adolescents se croient invincibles », ils ne se doutent pas à quel point ils ont raison. Inutile de perdre espoir car nous ne pouvons être brisés irrémédiablement. Nous pensons être invincibles parce que nous le sommes. Nous ne pouvons pas être nés et mourir. Comme les énergies, nous changeons seulement de forme, de taille et de manière de nous manifester. Les adultes l’oublient en vieillissant. Ils sont gagnés par la peur de perdre et de décevoir. Mais cette partie de nous plus remarquable que la somme de nos parties n’a pas de commencement ni de fin, et par conséquent elle ne peut décevoir". 

Grandir, pour moi, cela passe aussi par lutter contre le syndrome de l'imposteur. Qu'est-ce que c'est ? C'est l'idée de ne pas être légitime quelque part, de toujours douter d'avoir sa place. J'ai douté de ma place dans le monde adulte, cherchant les moyens d'avoir l'étiquette "adulte", à partir de quel âge ? Que faut-il avoir réalisé ? Et puis j'ai réalisé que chaque personne a des ressentis différents. Il n'y a pas d'adulte de référence et d'âge de référence. Je me sens adulte, responsable, capable de prendre des décisions pour moi-même. En regardant en arrière j'ai réalisé tout ce que j'avais déjà vécu, les expériences et les décisions déjà prises qui m'aidaient aujourd'hui. Etre adulte pour moi c'était le fait que c'était ok de prendre ses propres décisions, de pouvoir dire "eh, je sais ce que je fais". C'était la reconnaissance de ses propres décisions. A l'opposé à l'age d'enfant où j'avais la sensation que mes décisions n'étaient pas reconnues, aujourd'hui je me sens capable de porter mes décisions d'avoir cette confiance qui me dit que je sais ce que je fais. 

Enfant, il y avait aussi le monde de l'école, une jungle, un monde dure où les différences étaient remarquées. Il fallait se fondre dans la masse sinon tu étais pointé du doigt, les petites remarques/commentaires sur tout le monde. Bonjour les moqueries et/ou la solitude. Même si on peut choisir ses amis, on ne choisit pas son environnement. En grandissant j'ai choisi ma voie, des filières et un environnement qui correspondent à mon caractère et où je peux vraiment être moi-même.
It gets better

Je suis dix fois plus heureuse maintenant qu'il y a dix ans. Je dis oui à l'âge l'adulte et grandir avec tout ce que cela entraîne (coucou les responsabilités) et je laisse joyeusement mes années d'enfance au placard, sans nostalgie. Je me suis donnée la permission de choisir ce que je veux à ce croisement des chemins dont je parlais plus haut. Attention la chenille est devenue papillon. 


Et vous enfance ou grandir ? 

1 commentaire

  1. Enfance ou grandir... bonne question ! Je préfère mon état actuel peut être: adulescent. Je suis en mutation, tel un pokemon de feu ! Le déni tu me diras, que neni, à 26 ans tu penses... Parfois j'aimerai retourner à mes 17 ans. J'étais libre, à la fac, autonome et dans mon appart. C'était le pied ! Aujourdh'ui dans la vie active, en couple c'est une autre étape que j'adore aussi ! Ca dépend des jours quoi !

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    https://la-parenthese-psy.com/

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